Gérez votre bankroll

De toutes les conditions qui définissent le degré de succès d’un joueur de poker, la gestion de sa bankroll est de loin le plus important. Quel que soit votre niveau, il est nécessaire d’obéir à des règles strictes et prédéfinies si vous voulez vaincre ce que l’on appelle la “variance”. Il s’agit en fait du facteur chance court-terme qui intervient dans le jeu. En effet, tout bon joueur de poker traverse des périodes où tout lui réussit (“good run”), et d’autres où le manque de chance et les bad beats sont plus fréquents que la normale (“bad run”). Avec une bankroll bien gérée, cette volatilité dans le degré de chance court-terme obtenu par un joueur peut être maitrisée.

Ce concept est exactement le même que celui de la gestion de patrimoine par le biais de fonds de placements. Tant que les marchés boursiers montent, les fonds de qualité arrivent à surperformer et générer de bonnes plus-values pour les investisseurs. En revanche, lorsque les marchés boursiers baissent, ceux qui n’ont pas une stratégie de gestion efficace comme des niveaux de “stop-loss” à respecter pour leurs holdings, un niveau de levier contrôlé ou un plafonnement pour le montant d’investissement dans chaque valeur du portefeuille, se retrouvent embarqués dans une multitude de problèmes financiers aboutissant inévitablement à la ruine.

Si arrivez à respecter les règles établies dans cette article, vous augmenterez progressivement votre bankroll en optimisant votre niveau de risque pour traverser les mauvaises périodes dans les meilleures conditions.

1. Ne jamais jouer avec de l’argent que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre

La premiere règle est de ne jamais jouer avec le budget qui vous sert pour vos dépenses de la vie quotidienne comme la nourriture, paiement du loyer… Les raisons sont évidentes:

>>> Comme pour toute autre activité qui nécessite connaissance et expérience, il est peu probable qu’un débutant commence par une série de profits dès les premieres tentatives. Si c’est le cas, il se peut qu’il démarre par un “good run” sans même s’en rendre compte. Certains joueurs arrivent biensûr à intégrer les mécanismes plus facilement que d’autres, mais en règle général un débutant prend de l’expérience qu’après avoir commis des erreurs, ce qui est d’ailleurs le cas dans la grande majorité des épreuves de la vie.

>>> Les joueurs qui réussissent au poker sont ceux qui n’ont peur de rien. Ils savent changer de vitesse en fonction des adversaires qu’ils rencontrent, et n’hésitent pas a être agressif quand ils pensent avoir la main gagnante. Si vous jouez avec une somme qui vous tient vraiment à coeur, alors vous risquez de vous retenir de miser tant que vous n’avez pas une main énorme et vos actions seront toutes impactées par ce sentiment désagréable de ne pas pouvoir se permettre une marge d’erreur. Il est impossible d’arriver à obtenir des résultats positifs sur le long-terme dans une situation pareille.

>>> Il est très difficile, même pour un joueur expérimenté, de gérer sans arrêt des retraits d’argent pour pallier aux nécessités de la vie quotidienne. En d’autres termes, il faut que vous décidiez d’un montant à allouer au poker, sachant qu’il faudra considérer ce dernier comme un investissement de long-terme et éviter de s’en servir pour autre chose. Il est évident que lorsque vous décrochez des scores importants vous pouvez retirer les montants que vous désirez, mais il faut rester sur le principe que l’argent de votre bankroll doit rester la plupart du temps le budget alloué exclusivement au poker.

2. Seule votre bankroll peut décider des parties que vous jouez

Vous ne devez rentrer dans une partie de cash game ou un tournoi que si votre bankroll vous le permet. En effet, comme vous le verrez plus loin dans cette article, chaque niveau de bankroll permet l’accès à des parties de cash game ou tournois aux droits d’entrées différents. Il faut toujours gravir les échelons un par un et surtout ne pas brûler les étapes. L’impatience est un défaut majeur au poker, qui peut facilement vous coûter votre bankroll.

Il est donc obligatoire qu’à chaque fois que vous vous asseyez a une table, vous soyez sûr que votre bankroll est suffisamment large pour vous permettre d’y jouer. Si vous commencez à enfreindre cette règle, la sécurité de votre budget poker n’est plus garanti. Tous les joueurs connaissent des périodes de creux ou les cartes semblent être leurs ennemis et où rien ne semble aller dans la bonne direction, même les champions du monde. Seuls ceux qui arrivent à faire preuve de rigueur et laissent leur bankroll décider des parties auxquelles ils peuvent participer finissent par s’en sortir sans dégats majeurs.

3. Pouvoir changer de niveau

Lorsque vous êtes dans une période où tout semble vous réussir, passer à la limite supérieure quand votre bankroll atteint le montant nécessaire est plutôt excitant. En revanche, très peu de joueurs ont suffisamment de discipline pour descendre d’un niveau si leur bankroll tombe en dessous du montant minimum nécessaire selon leur stratégie pour jouer à leur niveau actuel.

Le “tilt”, ennemi juré de tous les joueurs de poker, peut vraiment amplifier vos pertes dans les mauvaises sessions si vous ne le contrôlez pas. Il est alors extrêmement difficile de réaliser que vous ne possédez plus les moyens de jouer aux limites actuelles et accepter de descendre d’un cran pour reconstruire votre bankroll. En fait, il ne faut pas chercher plus loin que dans la nature humaine pour comprendre à quel point ces décisions sont dures a prendre, créant frustration, atteinte à la fierté et tout simplement un sentiment d’échec. Pourtant, comme dit le proverbe, il faut parfois savoir reculer pour mieux sauter.

Descendre d’une limite au poker n’est en aucun cas un échec, au contraire. Il est bien évident que le but ultime est de monter sans cesse dans les limites sans avoir à faire marche arrière, mais cela est quasiment impossible, surtout dans le monde d’aujourd’hui où le niveau moyen des joueurs de poker a beaucoup évolué. Quel que soit votre niveau, vous connaitrez à plusieurs reprises dans votre carrière de joueur de poker des “bad runs” qui vous obligeront à descendre d’un cran pendant quelques temps jusqu’à ce que votre bankroll vous permette a nouveau de jouer dans les limites supérieures, et si vous êtes capable de prendre cette décision en vous remémorant que seul votre résultat de long-terme compte, alors votre bankroll est protégée.

De très nombreux joueurs n’arrivent pas a prendre cette décision, et vont même jusqu’à faire la terrible erreur de prendre la décision inverse. En effet, l’énervement d’un joueur face à un “bad run” peut être tel qu’il finit par décider sous l’emprise du “tilt” de monter en limites au lieu de descendre, tout cela dans l’espoir naïf de se refaire plus rapidement. Cette erreur peut détruire une bankroll sur laquelle un joueur a travaillé pendant des mois en l’espace de quelques heures… On en arriverait même a espérer que le joueur finisse par se ruiner, juste pour qu’il apprenne sa leçon de la manière forte. Si par chance il parvenait à rétablir sa bankroll en jouant des limites trop élevées, ce joueur ne pourrait pas comprendre l’importance de l’erreur qu’il vient de commettre et finirait de toutes façons par se ruiner au “bad run” suivant.


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